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Ville de Joliette : Programme artistes en résidence

Artistes en résidence à l’été 2017


Projet présenté dans le cadre de la politique culturelle de la Ville de Joliette en collaboration avec Lanaudière : Mémoire et Racines. Cette année, les artistes en résidences sont Malin Gunnarsson Thunell et Véronique Plasse.

Pour information:

www.ville.joliette.qc.ca/culture

450-753-8050

 

 

Malin Gunnarsson Thunell, originaire de la Suède

Tu es née à Sandviken, une ville d’environ 22 500 habitants située à 200 km au nord de Stockholm. Que pourrais-tu nous dire à propos de cet endroit?

Sandviken est une ville industrielle qui n’existerait probablement pas sans son industrie sidérurgique. C’est un endroit tranquille, mais, sous la surface, il y a un besoin d’expression culturelle bouillonnant. Je suppose que cela dépend du contexte dans lequel vous grandissez et que d’autres pourraient l’avoir vécu autrement, mais, pour moi, il y avait beaucoup de musique, de nombreux groupes locaux et une scène musicale vivante. Comme toute autre petite ville, il y a aussi des problèmes. Il y a un code de conduite que nous appelons la loi de Jante selon lequel vous ne devriez pas croire que vous êtes quelqu’un de particulier, vous ne devriez pas vous démarquer, vous devriez rester à votre place. Pour cette raison, j’avais le sentiment de ne pas cadrer dans cet environnement où il y avait un manque de curiosité pour le monde extérieur en quelque sorte.

D’où vient ta passion pour la musique traditionnelle et le chant?

C’était une vraie coïncidence. Sandviken avait et possède toujours une très bonne école de musique avec des activités après l’école pour les enfants et les jeunes. Ils invitent des professeurs invités et organisent des concerts avec des artistes et des musiciens connus. Il s’agit d’une excellente approche selon moi qui motive les jeunes et qui prend au sérieux leur intérêt de faire de la musique.

Quand j’avais environ 15 ou 16 ans, une chanteuse traditionnelle qui était également enseignante est venue travailler avec l’ensemble vocal dont je faisais partie. C’était mon premier contact avec la musique traditionnelle et ce fut un amour instantané.

Tu as étudié en musique et en musique traditionnelle. Parles-nous de ton curriculum scolaire et du système éducatif en Suède concernant la musique traditionnelle.

Au lycée, j’étais dans le programme de théâtre musical qui enseignait le chant, la danse et le théâtre. Quelques années plus tard, après plusieurs voyages et d’autres expériences, je suis allée à la Framnäs Folkhögskola et au Collège de musique de Piteå. Puis, j’ai été admise au Royal College of Music à Stockholm.

Pour ce qui est de la musique traditionnelle, il n’y a pas vraiment de système d’éducation avant le niveau post-secondaire. Cela exige un intérêt particulier, mais il existe aujourd’hui plusieurs programmes de musique auxquels vous pouvez postuler dans les Folkhögskola, comme je l’ai fait. On y offre nombreux programmes dont des programmes de musique traditionnels. La durée est habituellement de 1 à 2 ans et il n’y a pas niveau. C’est aux étudiants eux-mêmes de tirer le meilleur parti de ce programme et de l’utiliser comme formation préparatoire à leur application et leur audition au collège.

Peut-on faire des études en musique traditionnelle à l’université?

Les collèges de Stockholm, Gothenburg et Malmö offrent tous des programmes de baccalauréat en musique traditionnelle (pas spécifiquement suédoise, mais aussi de d’autres cultures). Stockholm et Gothenburg offrent également un programme de maîtrise. La musique traditionnelle figure parmi l’une des branches du programme d’enseignement de la musique au Collège d’Ingesund.

Qu’est-ce qui t’intéresse dans la musique traditionnelle?

Qu’est-ce qui ne m’intéresse pas dans la musique traditionnelle ? ha! ha ! ​​… les rythmes, les mélodies et bien sûr les histoires.

Mais je dirais que le cœur de mon intérêt est la transmission. La passage du savoir à travers les générations, la culture en tant qu’entité vivante qui change et prend de nouvelles formes dans le temps, qui ne peut pas être placée dans une boîte, toujours en réponse ou en réaction à la société dans laquelle nous vivons. La musique traditionnelle a une façon toute spéciale de relier les personnes au fil du temps, de l’espace, des générations et des cultures. J’ai lu une belle citation d’un musicien suédois l’autre jour: « Les humains ont une âme, mais l’âme n’existe pas en nous, elle existe entre nous ».

Tu fais et enseignes le kulning. Parles-nous de cette tradition scandinave.

Le kulning (qui est juste un nom parmi plusieurs) est une forme de communication vocale utilisée entre les humains et entre les humains et les animaux dans la culture de l’élevage. Il s’agit d’une forme d’appel (call), principalement dans une tonalité élevée, mais ce peut être dans d’autres tonalités également. C’était un moyen de communication de rassembler ou appeler le bétail, pour éloigner les animaux dangereux dans la forêt ou pour communiquer avec d’autres sur de longues distances. Cette transhumance puise ses racines à l’époque médiévale alors que c’était généralement la responsabilité des femmes de mener les animaux sur le paturage en été pour leur donner de la nourriture hors de la terre que les humains avaient besoin pour cultiver pour leur propre nourriture. C’était une tâche difficile de s’occuper du bétail, de préparer et de conserver les produits de valeur que les animaux apportaient, comme le beurre et le fromage.

L’année dernière, tu es venue au Québec lors d’une tournée canadienne du quartet vocal suédois et Kongero et vous avez chanté à Mémoire et Racines. Comment était-ce?

C’était génial du début à la fin, parmi les meilleures journées de cette tournée. J’ai rencontré des gens formidables et je me suis beaucoup amusée sur la piste de danse en essayant d’apprendre vos danses traditionnelles.  Partager la scène avec De Temps Antan le dernier soir fut un moment mémorable!

En 2016, vous avez publié un EP de musique contemporaine fortement lié à la musique folklorique. Est-ce que ce lien entre la musique contemporaine et la tradition est important pour vous? Quelle est votre approche artistique?

Je pense qu’il y a toujours eu un lien entre la musique traditionnelle et la musique contemporaine. Les deux ont toujours emprunté à l’une et à l’autre. Pour moi c’était un besoin de créer un art qui m’était propre. J’ai chanté des chansons traditionnelles depuis si longtemps que j’avais envie de créer quelque chose qui trouvait sa source en moi.

 

Tu as eu un projet avec un pianiste portugais. Peux-tu nous en dire plus sur ce projet intitulé Duo Attar?

Moi et Filipe nous sommes rencontrés au Collège royal de musique. Un jour, à la cafétéria, nous avons commencé à parler et avons décidé d’essayer quelques morceaux ensemble. Il a fait sa maîtrise en jazz, mais était très intéressé par la musique traditionnelle.

J’ai apporté quelques partitions de chansons d’élevage et nous avons commencé à « jammer ». Il m’a demandé si j’avais l’oreille absolue puisque j’avais commencé dans la clé exacte avant même qu’il commence à jouer. Je lui ai répondu que j’avais une bonne mémoire musculaire! De là, le projet s’est poursuivi et nous avons trouvé formidable terrain commun où nous pouvions relier les musiques traditionnelles portugaises et suédoises, à notre façon.

Vous avez maintenant un nouveau projet solo intitulé Vocal journeys que vous présenterez en Islande en juillet et au Festival Mémoire et Racines. Que peux-tu nous dire au sujet de ce projet?

Ce projet est né de quelque chose qui s’est produit dans mon local de répétition. J’ai commencé à chanter et j’ai simplement poursuivi, comme un jeu d’association où une mélodie suivait l’autre. Un genre d’état méditatif. J’ai senti que j’avais besoin de développer ce sentiment que j’avais ressenti, et j’ai commencé à expérimenter en ajoutant des éléments de percussion corporelle. C’est toujours un travail constamment en évolution, et un bon moyen de me faire progresser.

D’où vient ton intérêt pour la musique traditionnelle Québécoise?

Quand j’avais 21 ans, je suis allée en France pour étudier la danse. Je vivais à Aix-en-Provence. Je ne suis pas certaine de bien m’en souvenir, mais je cherchais des informations sur un peintre de la région, il s’appelait André Marchand … et je suis tombée sur ce CD avec une belle illustration de couverture jaune avec une carte reliant le Québec et l’Irlande. J’ai écouté la première pièce et j’ai été fascinée. J’ai essayé de comprendre ce qu’était ce son de tapements en arrière-plan. Quelle sorte de tambour était-ce?J’ai commencé à lire sur le Québec et je me suis dit «je dois y aller un jour et apprendre leur musique». (Le CD est The Orange tree de Gray Larsen et André Marchand, et l’air est Reel a bouche.)

Comment as-tu découvert le programme de résidence pour artistes de la Ville de Joliette?

J’ai rencontré Mary Beth Carty pendant Mémoire et Racines et j’ai découvert qu’elle bénéficiait de ce programme de résidence. J’ai donc demandé à Cédric Champagne, le président de Mémoire et Racines, s’il pouvait m’en dire davantage à ce sujet. Pour moi, cela semblait être exactement ce que je recherchais depuis tant d’années, de plonger profondément dans votre culture et de vraiment mieux connaître votre musique. J’ai donc appliqué!

Quelles sont tes attentes?

Je m’attends à apprendre autant que possible sur votre tradition, sur la musique, la danse et tout ce qui est relié. Rencontrer les porteurs de tradition, apprendre l’histoire, pratiquer mon français, échanger la musique et les histoires, trouver les liens entre nos traditions et nos cultures. J’ai hâte!

Resident artists – summer 2017


This project is presented within the framework of the politics cultural of the Ville de Joliette in collaboration with Lanaudière : Mémoire et Racines.

For information:

www.ville.joliette.qc.ca/culture

450-753-8050

 

 

Malin Gunnarsson Thunell, from Sweden

You are born in Sandviken, a town of approximately 22 500 inhabitants located at 200 km to the north of Stockholm. What could you say about this place?

Sandviken is an industrial town, and probably wouldn’t exist without its steel industry. It is kind of a sleepy place, but under the surface there are things cooking, especially culturally I would say. I guess it depends of the context you grow up in, I think if you ask someone else they may see it differently, but for me there was a lot of music, many local bands and a living music scene. Like any other small town there are of course problems too, an energy of what we call the law of Jante; you should not believe that you are anything special, you shouldn’t stand out, you should stay in your place. For me that contributed to not really feeling like I fitted in, there was a lack of curiosity for the world in a way.

Where does your passion for traditional music and singing come from?

It was a coincidence really. Sandviken had and has a really good music school with after-school activities for children and young people. They invite guest teachers and arrange concerts with known artists and musicians. I think it’s such a great approach, it makes young people motivated and their will to play music is taken seriously.

When I was around 15 or 16, a folksinger and teacher came to work with the vocal ensemble that I was in, and that was the first time I discovered folk singing. It was instant love.

You studied in music and traditional music. Tell us about your scholar curriculum and about the education system in Sweden concerning folk music.

In high school I was in the musical theatre program including singing, dance and drama. A few years’ later, after a lot of traveling and other things, I went on to Framnäs Folkhögskola and the Music College in Piteå. Straight from there I got a place at the Royal College of Music in Stockholm.

About folk music, there is generally no education system for that until post-high school. It demands a special interest, but nowadays there are several music programs that you can apply to in the form of Folkhögskola, like I did, which has many different programs, but some of them offer traditional music programs. It’s usually 1-2 years and there are no grades, it’s very much up to the students themselves to make the most of it, and maybe use it as preparation for the college application and auditions.

Can we make studies in traditional music at university?

Stockholm, Gothenburg and Malmö College all have bachelor programs in traditional music (not specifically Swedish, also other cultures), Stockholm and Gothenburg also has a master program and the College of Ingesund has the traditional music as a branch of their music teacher program.

What does interest you in traditional music?

What does not interest me in traditional music haha… the rhythms, the melodies, and, of course, the stories. But the core of it is communication I would say. The passing down of knowledge through the generations, culture as a living entity that changes and takes new forms over time, can’t be put in a box, always used as a response or reaction towards the society we live in. Traditional music has a special way of connecting people over time, space, generations, and cultures. I read a beautiful quote from a Swedish musician the other day: “Humans have a soul, but the soul doesn’t exist in us, it exists between us.” 

You do and teach kulning. Tell us about this Scandinavian tradition.

Kulning (which is just one name of many for it) is a form of voice communication used between both humans and humans to animals in the herding culture. It’s a form of calling, mostly in high pitch but can be used in any pitch really. It was a means of communication to assemble or call for the cattle, to scare away dangerous animals in the forest, or communicate with each other over long distances. This transhumance has its roots in medieval times, usually the responsibility of the women, to take the animals out onto the Fäbod in summer to give them bait outside of the land that the humans needed for growing their own food. It was hard work to take care for the cattle and prepare and preserve the valuable products than the animals brought, like butter and cheese.

Last year, you came to Quebec during a Canadian tour of the Swedish vocal Quartet Kongero and you have sung at Mémoire et Racines. How was it?

It was great from start to finish, some of the best days of that tour. I met amazing people, had so much fun on the dance floor trying to learn your traditional dances, and to share the stage with De Temps Antan the last evening, that was a special moment!

In 2016, you released an EP of contemporary music who is strongly linked to folk music. Is this link between contemporary music and tradition important for you? What is your artistic approach?

I think there has always been a link between traditional music and contemporary music. The two have always borrowed from each other and affected the other. For me, it was an urge to create a craft of my own. I’ve been singing traditional songs for so long, I needed to create something that started in me.

You had a project with a Portuguese pianist. Can you tell us more about this project named Duo Attar?

Me and Filipe met at the Royal College of Music. One day in the cafeteria we started talking, and decided to try a few tunes together. He studied his master in jazz, but is very interested in traditional music. I brought some sheets of noted herding songs and we started jamming. He asked me if I had absolute ear since I started in the exact noted key before he played it. I said I just have good muscle memory! From there it went, and we found a great common ground where we could connect traditional Portuguese music with Swedish, in our own personal way.

You now have a new solo project named Vocal journeys that you will present in Iceland in July and at Mémoire et Racines. What can you tell about this project?

This project was born out of something that happened in my rehearsal room one day. I started singing and just continued, like an association game where one tune just followed the other. A meditative state of sorts. I felt that I needed to develop this feeling that I created, and I started experimenting with adding body-percussive elements. It’s still a constant work in progress, and a good way to challenge myself.

How did you become interested by Québec traditional music?

When I was 21 I went to France to study dance. I lived in Aix-en-Provence, and I’m not sure if I remember this correctly, but I was looking for information on a painter from the area, his name was André Marchand… and I stumbled over this CD with a beautiful yellow cover with a map connecting Quebec and Ireland. I listened to the first tune and was mesmerized. I tried to figure out what that tapping sound in the background was, what sort of drum is that? I started to read about Quebec and said to myself, I have to go there some day and learn their music. (The CD is The Orange tree by Grey Larsen and André Marchand, and the tune is Reel a bouche.)

How did you discover the residency program for artists of Joliette City?

I met Mary Beth Carty during M&R, and realized that she was there on this residence program, so I then asked to Cédric Champagne, chairman of Mémoire et Racines, if he could tell me more about it. To me it sounded like exactly what I’ve wanted to do for so many years, to deep dive into your culture and really learn about your music. So I just had to apply!

What are you expecting from this program?

I’m expecting to learn as much as I can about your tradition, the music, the dance and everything connected. To meet with tradition bearers, learn the history, practice my French, exchange music and stories, find the connections between our traditions and cultures.J’ai hate!

du 26 au 27 juillet

Centre-ville de Joliette

du 28 au 30 juillet

Parc Bosco à
Saint-Charles-Borromée

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Lanaudière : Mémoire et Racines
144, rue Saint-Joseph
Joliette (Québec)  J6E 5C4
Téléphone 450 752-6798
Sans frais 1 888 810-6798
festival@memoireracines.org

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